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Poignard à la lame recourbée. On peut considérer le Kyogetsu- shogei (plusieurs orthographes possibles) comme l'une des in- ventions de l'école Togakure. Le Kyogetsu-shogei est à classer dans la catégorie des armes à chaînes, comme le Kusari-gama qui apparaît dans les dix-huit disciplines de Togakure Ryu. C'est une arme composée d'un épieu à manche court, avec une lame droite pourvue à sa base d'un crochet plus ou moins recourbé. A la base du manche, une chaîne est fixée, à l'extrémi- té de laquelle est accroché un anneau métallique (toute fois on peut penser sérieusement que pour des besoins de discrétion, lors d'opération d'infiltration (shinobi iri) on changeait la chaî- ne pour une corde ; essayer de courrier avec une chaîne de qua- tre mètres fixée à la ceinture et vous comprendrez). Le Kyogetsu-shogei était à la fois un outil à tout faire et une arme universelle, selon le principe qu'une grande partie de la sécurité et l'efficacité d'un Ninja dé- pendait de la polyvalence et de la légèreté du matériel emporté en " mission ". Il pouvait être ainsi crampon à engager dans les interstices des moellons (pour s'élever le long d'un rempart), levier pour forcer une fenêtre ou une porte, grappin pour s'élever au des- sus d'un mur, ancre à crocheter sur une branche d'arbre pour s'y hisser, chaîne de barrage pour une embuscade, arme d'estoc ou même de taille, fouet lesté, etc. En tant qu'arme, facile à dissimuler, il pouvait piquer, trancher de sa partie " lame droite " ou de sa partie courbe, en faucille, parer, dévier, crocheter dans les deux angles du fer.
Cette arme se portait le plus souvent à la ceinture, la corde (ou la chaîne) était pliée de manière à ce qu'en tirant sur l'une des extrémités elle de déroule rapidement et soit prête à l'utilisation. Certains Kyogetsu-shogei se terminaient, à l'extrémité de la chaîne, par une boule mé- tallique remplaçant l'anneau métallique et dont la densité permettait de développer, une fois lancée vers l'adver- saire, assez d'énergie cinéti- que pour ébranler un guerrier en armure. Le maniement de cette arme n'est pas des plus simple. Il est nécessaire de s'entraîner longuement avant d'obtenir des résultats probants. Les problèmes surviennent géné- ralement avec la gestion de la corde, car il est facile de s'y emmêler soi-même alors que c'est le partenaire qui doit y être ! Cette arme d'une grande efficacité pour celui qui sait la ma- nier, peut donc être utilisée, indifféremment, par ses deux extrémités. Un des points es- sentiel de l'efficacité du Kyogetsu-shogei, réside dans la coordination des ses deux extrémités et du maintien de la tension dans la chaîne ; le contraire provoquerait un flottement d'une des extrémités, donc un risque de retour inopiné de cette extrémité avec possibilités de blessures de l'utilisateur. Il est plus que recommandé de débuter l'entraînement de cette arme avec douceur, en ne lan- çant jamais l'anneau avec force pour éviter tout accident. L'en- traînement, dans le cadre des cours de Budô Taijutsu, de cet- te arme est assez peu répandu dans les Dôjô. N'oubliez jamais que l'entraînement doit toujours se faire sous la responsabilité d'un enseignant qualifié. Pour pouvoir travailler en toute sécurité, nous avons réalisé plusieurs modèles de Kyogetsu Shoge, avec des anneaux en plastique souple. La partie cou- teau est réalisée en bois.
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